Lors d’une mission pastorale à Bouaké, alors qu’il était encore archevêque de Bobo-Dioulasso, Monseigneur Anselme Titiama SANON fit la découverte d’un centre de prise en charge des malades mentaux, initié par Grégoire AHONGBONON. Séduit par le travail accompli dans ce centre, il exprima le désir de voir une telle œuvre s’implanter dans la capitale économique du Burkina Faso.

Ainsi, le 15 septembre 2008, date hautement symbolique pour l’Église catholique qui célèbre alors Notre-Dame des Douleurs, Monseigneur Sanon invita Grégoire AHONGBONON à Bobo-Dioulasso pour la cérémonie de pose de la première pierre au secteur 22 de la ville. Le choix de cette date n’était pas fortuit : il rappelait la compassion de Marie envers son fils souffrant, appel adressé aux hommes à compatir eux aussi à la douleur de leurs frères, en particulier les malades mentaux errants.
L’idée de l’archevêque fut portée et renforcée par deux figures majeures :
- L’abbé Emmanuel NABALOUM, alors chercheur sur la question de la maladie mentale, fit un séjour dans les centres de Grégoire Ahongbonon en Côte d’Ivoire dans le cadre de sa thèse. Convaincu de la pertinence du modèle, il participa activement à la réflexion et proposa même des locaux provisoires à la Grande Mission pour le démarrage des activités.
- Camille KABORE, aujourd’hui directeur du Centre, fut interpellé par une rencontre en 2008 où Grégoire présenta la situation des malades mentaux errants. Inspiré, il rédigea un projet structuré pour donner corps à l’idée de Monseigneur Sanon, alors déjà à la retraite.

Avec l’appui de Monseigneur Paul OUEDRAOGO, successeur de Monseigneur Sanon, le projet franchit un nouveau cap. L’archevêque mit à la disposition du groupe un local vétuste de la Grande Mission catholique, après que le site initial du secteur 22 eut été attribué à une autre structure. Ce bâtiment fut rénové grâce aux soutiens financiers d’amis de l’abbé NABALOUM et à l’engagement d’un philanthrope, Noël SANOU, qui coordonna les travaux de réfection.
À l’origine pensé comme le « Centre Notre-Dame des Douleurs », en mémoire du 15 septembre, le centre prit finalement le nom de « Centre Notre-Dame de l’Espérance ». Ce nom traduit le souffle nouveau apporté aux pensionnaires qui vivent avec l’espérance d’un rétablissement, et au personnel qui sert avec la conviction que « l’espérance permet toujours de voir la partie pleine de la bouteille et d’ajouter à ce qu’il y a déjà ». Pour porter juridiquement l’initiative, l’Association Saint-Camille de Lellis du Burkina Faso fut créée. Reconnue officiellement en 2014 par le ministère en charge de l’Administration territoriale, elle ouvrit son premier centre à Bobo-Dioulasso : le Centre Notre-Dame de l’Espérance.
